Une vie de reine au milieu du miel et des abeilles chez un apiculteur en Polynésie

Rangiroa, polynésie française, Polynésie française le 15/03/2012

 

 

 

Normalement, il était prévu que je rentre sur Tahiti avec Alex le lundi après-midi mais… le destin en a décidé autrement.

En sympathisant sur internet avec Ludwig, un apiculteur de l’île de Rangiroa le matin même du départ, je me suis rendu compte que mon avion allait faire une escale sur son île avant de rentrer sur Tahiti…

Culotée, je lui ai demandé s’il accepterait que je débarque chez lui quelques jours dans… 3 heures.

Il a accepté me prévenant qu’il y aurait avec nous un stagiaire qu’il forme pour quelques jours chez lui.

Allez, c’était parti.

J’ai du re-étudier mon baluchon car Air Tahiti n’a pas accepté de modifier mon billet (acheté pendant le salon du tourisme).

Il fallait donc que je descende pendant l’escale de manière incognito avec un petit bagage à main rempli du minimum pour quelques jours.

J’allais donc rester quelques jours sur Rangiroa, un atoll d’environ 3400 habitants équipés de 2 hôtels, 20 pensions de famille et 6 clubs de plongée.

En attendant le départ, Alexandre et moi avons été visité une ferme perlière à côté de notre pension. C’était très intéressant d’en apprendre un peu plus sur cette perle de Tahiti si célèbre dans le monde. Nous y avons croisé un couple d’allemand avec qui nous avions plongé la veille.

Ils font le tour du monde avec leurs deux enfants.

Monsieur a effectué avec nous sa 1500ème plongée et il a dit que pour lui, la plongée faite à Fakarava est la plus belle qu’il ait eu l’occasion de faire !!

En discutant avec eux, nous nous sommes rendu compte que nous serions dans le même avion.

Il faut dire que sur les îles, la vie touristique tourne en fonction du rythme des avions. Fakarava a un vol par jour, sauf le jeudi où il n’y a pas de vol.

C’est un arrivage de touristes mais aussi de commandes centralisées sur Papeete.

Direction l’aéroport accompagnée par Flora, la tenante de la pension.
Petit coup de stress, hop, ça y est, après moins d’1/2h de vol, je suis descendue de l’avion !!

Je croise justement à la descente de l’ATR, Stéphanie, la monitrice de plongée avec qui j’ai plongé 2 jours auparavant. En rentrant chez elle (en avion, normal !!) elle me rassure en me disant que je n’ai aucun souci à me faire en tentant ce genre d’aventure chez Ludwig.

Elle me rassure en me disant qu’il est très connu du fait qu’il est professeur de Judo et respecté sur Rangiroa. J’avais confiance mais là, je suis encore plus tranquille !!

Ludwig était bien là, venu me chercher dans une voiture bien adaptée à l’île (suzuki LJ80)

A peine arrivés chez lui, nous partons tous les 3 avec Régis (son stagiaire) en bateau rejoindre les ruches de l’autre côté de la passe.

Les garçons ont nettoyé le nouveau terrain pour y déposer des ruches prochainement  puis ils ont fait un essaim artificiel (lorsqu'on divise une colonie pour en faire deux).

A leur côté, j’ai appris plein de choses. Ils souriaient un peu en répondant à mes questions de novices mais ils y répondaient quand même.

Tout m’intéressait et ils connaissent très bien la vie sur les îles.

Sur le chemin, Ludwig a cueilli deux noix de coco dans lesquelles j’ai pu boire une eau rafraîchissante.

Sur le chemin du retour, en bateau, nous avons arrêté le moteur et Ludwig est allé chasser le souper dans la passe. Une passe c’est un passage sur l’île entre les eaux de l’océan et l’eau du lagon. C’est un lieu très riche en faune.

Ludwig a fléché une carangue inox de 3kilos environ.

Pendant ce temps, ce que j’ai su plus tard par Alex laissé dans l’avion, c’est que les stewards et les hôtesses de l’air comptaient et recomptaient leurs passagers… Il parait que ça a duré un moment mais qu’ils sont tout de même arrivés à l’heure à Papeete.

Ludwig pratique le couchsurfing (le fait d’héberger des voyageurs chez lui pour profiter de l’échange humain sans rapport avec l’argent) depuis un peu moins de 2 ans.

Il est actuellement apiculteur mais auparavant, il a travaillé dans la récolte de perles (de Tahiti), il a été plongeur professionnel puis perliculteur et greffeur.

Je ne vais pas pouvoir vous raconter en détail les 5 merveilleuses journées que j’ai passé à  Rangiroa, j’y ai vécu vraiment des moments très forts auprès de Ludwig et de Régis mais aussi grâce au club de plongée « le Raie Manta Club » avec qui je suis allée plonger 2 fois, grâce à Francis Gazeau, grâce à une amie de Ludwig qui m’a amené voir une école de danse Tahitienne, grâce à ma recherche d’un vieux polynésien, habitant de cette île, qui avait été un jour le voisin de mon ami toulousain le plus cher.

 Puisqu’il faut commencer par quelque chose, je vais commencer par le Club de Plongée.

J’ai plongé 2 fois à Rangiroa, avec «  le Raie Manta Club » en palanquée avec Yves Lefèvre. 

Yves est moniteur de plongée et photographe animalier.

Son club est le premier centre de plongée sous-marine dans l’archipel des Tuamotu, mais aussi le premier club sur un atoll en Polynésie française.

Amateurs de safari sous-marin, c’est chez lui qu’il faut aller !!!.

Son club a travaillé avec le Commandant Cousteau et l’équipe de la Calypso, Nicolas Hulot pour Ushuaia, Luc Besson pour le tournage d’Atlantis…avec l'équipe « Cinémarine ».

Il est passionné et a de grandes connaissances des fonds sous-marins et particulièrement des requins.

Durant ces plongées, j’ai vécu un très grand moment. J’ai plongé environ 20 minutes à 28 mètres de profondeur avec un dauphin.

J’avais envie de pleurer de joie dans mon masque mais ça aurait fait trop de buée, LoL.

Je me suis retenue.

C’était fantastique et, même si je n’ai pas de photos, j’ai réussi à récupérer une superbe vidéo.

Dans la même plongée, j’ai aperçu un requin marteau au loin (potentiellement dangereux pour l’homme).

J’ai également nagé au milieu de 3 raies Manta (il faut savoir qu’une raie Manta mesure environ 3 mètres d’envergure), au milieu de requins à pointes noires et puis, j’ai nagé avec tant d’autres merveilles que je ne peux toutes décrire.

Sur Terre, j’ai vécu aussi de belles aventures, de belles rencontres.

Ludwig m’avait prêté un très joli vélo rose et je suis souvent partie me promener avec.

En rentrant du village où j’ai fait de jolies photos, discuté avec le pharmacien et fais quelques courses, j’ai croisé Francis Gazeau, que j’avais vu dans l’émission Thalassa, 2 jours plus tôt !! Je l’ai salué, il m’a invité à boire un verre chez lui.

Francis Gazeau a vécu 365 jours seul sur un atoll isolé afin de sensibiliser les gens aux dons d’organes.

Lui-même est receveur d’un cœur. Nous avons beaucoup échangé sur son aventure mais aussi sur la mienne qu’il a écoutée avec intérêt.

Finalement, d’un verre, nous sommes passés à un repas et Ludwig m’a apporté une lampe frontale pour que je puisse rentrer chez lui en vélo car la route n'est  pas éclairée.

J’ai un peu aidé les garçons à la miellerie.

J’ai collé des étiquettes sur les pots, j’ai découpé des rayons de cire et j’ai surtout participé à la bonne ambiance, LoL.

Une école de la Presqu'ile de Tahiti, en classe découverte comme chaque année à  Rangiroa a sollicité Ludwig afin de présenter le travail de l’apiculteur et la vie de la ruche pour ces élèves de primaire.

Je suis venue voir ce cours et j’ai appris plein de choses sur le miel, les abeilles et leurs bienfaits.

Voici ce que je me suis noté :

« En Polynésie, on peut récolter quasi toute l’année car il n’y a pas d’hiver rude et il y a même une saison chaude et humide de décembre à mars qu’ils appellent la période d'abondance « Mata'arii inia », période durant laquelle les pléiades se lèvent dans la voute céleste Polynésienne.

Les premières colonies d’abeilles importées sont dites italiennes et ont été introduites par les missionnaires lors de déplacement il y a près d'un siècle.

J’ai appris qu’avec un objectif de 100 ruches, Ludwig pourrait récolter jusqu’à 2 tonnes voir peut-être 2 tonnes 1/2.

Il exporte déjà indirectement vers les Etats-Unis, le Japon, l'Europe.

Les enfants sont restés très concentrés et lui ont acheté plusieurs de ses articles à base de miel ou de ses dérivés, miel, bougies, savons.

Et puis, vendredi arrivait…je voulais retourner à Papeete pour être présent pour l’anniversaire de mon ami Alexandre.

Ludwig et Régis ont fait un dernier plouf plouf avec moi, un bon petit repas barbecue face au lagon, et puis nous avons chargé mon baluchon ainsi qu’un sachet rempli de toutes les bonnes choses que je ramenais de cet atoll… Miel, savon de miel, paréos, tiki et nous nous sommes dirigés en « LJ80 » vers l’aéroport pour boire un dernier coup et se quitter, les larmes aux yeux pour ma part.

J’ai vécu à Rangiroa quelque chose de très fort. Ludwig et Régis sont tous les deux des personnes passionnantes, généreuses, sages et humbles. Rajoutés à cela de la nourriture qui provient de la nature et très bien cuisinée, du beau temps et un lagon…

Je n’oublierais jamais Rangiroa et son apiculteur.

 

Allez, direction Papeete pour fêter comme il se doit l’anniversaire de mon ami Alexandre.

 

Commentaires

 Emilie
Merci pour ce ravissant récit de la vie de mon frangin, honnêtement j'en ai les larmes aux yeux...peut être parce que je passe à côté de tout cela mais aussi parce que je suis fière que mon petit loup partage, apprenne et laisse une jolie trace derrière lui...merci encore. bises emilie
 Marco myriam et quentin
Cc,
Tu fais exprès de nous livrer des portions de ton aventure pour que l'on est la bave au lèvre????
Ce n'est vraiment pas gentil....Lol
Tout cela pour dire que tes récits son toujours aussi bien écrit!
Gros bisous et à bientôt....



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